dimanche 27 juillet 2014

Donner la vie sans accoucher.

Ces derniers jours furent particulier à mes yeux pour deux raisons. J'ai fait garder, pour la première fois, Boulette de Mon coeur et puis, j'ai assisté à l'accouchement de ma soeur! 

En effet, après 13 mois collé à moi, 24h/24 et 7j/7, Boulette est allé chez sa mami, durant deux jours consécutifs. Ce n'était pas prévu, je n'étais pas préparée ni Boulette, d'ailleurs. 
C'est donc, jeudi et vendredi que ma belle-mère s'est occupée de Gennaro. 
Une grande appréhension m'envahissait. J'avais extrêmement peur qu'il pleure tout la journée et puis, tant d'heures sans le sein, comment allait-il faire?
Et puis, rien. Pas un pleur, enfin pas pour moi... Des grignotages par-ci par-là et l'eau au biberon. Mais surtout, oh surtout, une sieste dans un lit, sans bercement, sans tétée. C'est totalement impossible avec moi! 
Bref, c'est donc avec le coeur léger que je laisserai, dorénavant, mon bébé à ma belle-maman! 

C'était donc pour une raison bien particulière que Boulette est restée loin de moi, durant quelques temps. 
Si tu me suis depuis le début, tu sais que ma sœur a vécu sa grossesse seule. Le blaireau s'est barré. 

Jeudi, 10h, mon téléphone sonne. Il s'agit de ma sœur qui va certainement me demander si elle peut passer et par conséquent vider mon frigo. 
"Mel, j'ai perdu les eaux snif snif snif snif". 
Oh merde!!!!! 
Après quelques minutes passées à la rassurer, la calmer, elle m'explique que sa copine va la déposer à l'hôpital. 
En attendant, je m'arrange avec Belle-maman pour le petit et puis, je la rejoins. Verdict: la poche est bien rompue mais on en est toujours à 1 cm d'ouverture (depuis plus d'une semaine). Résultat, il va falloir attendre. Je ne m'en fais pas. Un premier accouchement, c'est toujours long. Le mien a duré un peu plus de 8h. 
L'après-midi se passe et ... toujours rien. Pas un cm en plus. Le col n'est toujours pas favorable. Entre temps, je fais, bien entendu, des sms toutes les heures pour prendre des nouvelles de mon bébé. 
Et puis, la meilleure amie de ma soeur prend le relais. Nous prenons la décision suivante, si jamais il y avait du changement la nuit: sms à 6 cm et je reviens. Ma soeur restera sous antibiotiques, cette nuit, afin d'éviter le développement d'infections. 

Le lendemain, avec un téléphone vierge d'appels et de textos, je prends des nouvelles. Un petit coup de pouce a été donné à 5h du matin et Christelle en est donc à 3cm. Il est 8h. Je me rends donc, à nouveau, à la salle des naissances. Il faut attendre. Encore. Et encore. 
Et puis, l'infirmière vient la visiter pour vérifier: rien, TOUJOURS RIEN. Mais, c'est cette amas de sang qui coule... Un regard intrigué de l'infirmière. Mon coeur qui bat fort mais qui ne laisse rien paraître pour ne pas angoisser plus ma soeur. Je la fais rire mais je sais que l'infi est partie prévenir la gyné. Quelques secondes plus tard, en effet, le docteur est là et réexamine à son tour. Toujours ce sang et le monito qui indique que le coeur de Léana fait quelques fantaisies. 
- "On va pratiquer une césarienne, le sang provient certainement du placenta qui se décolle. On a déjà vraiment bien attendu mais la petite n'est toujours pas du tout engagée."
L'infirmière et la gynécologue s'en vont prendre les dispositions nécessaires à cet accouchement. 
L'angoisse qui m'habite, qui habite aussi ma soeur et la déception sur son visage. Je la rassure comme je le peux toujours à coup d'humour.
Après tout, c'est une mise au monde comme une autre. Pas d'épisio et puis, avec le si peu d'énergie qui lui restait, pousser aurait vraiment été très difficile. 

On m'apporte des linges. Pantalon, blouse, chapeau, masque et tablier. Je me la joue façon Grey's anatomy mais en moins sexy que les actrices. Ça fait rire Christelle. Tant mieux. 
Direction le 5ème étage, on m'explique que je vais devoir patienter dans un SAS le temps que tout se prépare. 
Des minutes longues, toujours de l'angoisse, du stress... Ce minuscule sas avec cette porte orange et rouge. Je pensais même qu'on m'avait oubliée. Et enfin, la porte s'ouvre. Délivrance. Je m'assieds à côté de la tête de ma sœur. Je ne vois rien d'autre car un drap installé en hauteur cache tout le reste de son corps. Christelle somnole et moi j'écoute. Je lui demande sans cesse si elle ne sent rien, si elle n'a pas mal. J'aurais pu deviner que non vu son état de somnolence et l'absence de cris de douleur... mais j'aime bien parler. 

Et puis, 12h04, des petits pleurs. Elle n'est pas contente. Non, Léana n'est pas contente d'être sortie de cet endroit si chaud qu'était le ventre de sa maman. "Tu l'as vue?". Oh que oui, je l'ai vue... Des cheveux, elle en a. On l'entend râler, tant que les infirmières s'occupent d'elle. La gynécologue explique qu'elle a eu difficile à l'extirper. Elle n'était mais vraiment pas du tout engagée. Il fallait bel et bien pratiquer cette césarienne. 

Nous attendons impatiemment l'arrivée de la princesse. Qu'elle est belle. Déjà toute rose et les yeux grand ouverts, elle est très éveillée et découvre cette salle d'opération et puis son regard se pose sur sa maman et sur sa tantine. On lui parle et lui explique ce qui s'est passé. Je dois, avec la petite, retourner à la salle des naissances afin de la peser, la mesurer et l'habiller. Christelle nous rejoindra dans plus ou moins deux heures. 

Il aura donc fallu 25h pour que Léana fasse son apparition. 25h de fatigué, d'angoisse, d'organisation qui en valait la peine. 

Bienvenue à toi, ma chérie! 

2 commentaires:

  1. Je le redis encore: félicitations à ta soeur pour cette merveille, tu es une soeur fantastique. Elle a de la chance de t'avoir et ton soutien a dû lui faire beaucoup de bien. Tu vois ce n'était pas insurmontable de te séparer pour quelques temps de boulette de ton coeur :) mais quand c'est la première fois (même après aussi) ce n'est pas simple du tout... c'est bien en tout cas.

    RépondreSupprimer
  2. Félicitations à ta soeur, le prénom de sa fille est très joli.
    Et Félicitations à toi, la tatie ! C'est merveilleux que tu aies pu vivre ça avec elle, qu'elle ait pu être accompagnée.

    RépondreSupprimer