vendredi 1 mai 2015

Un rejet inattendu.

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Si il y a une chose qui me tient à coeur, c'est bien notre allaitement. Nous en sommes à 22 mois et, dans l'ensemble, je n'ai pas eu de soucis majeurs jusqu'à présent.

Alors oui, il y a eu les crevasses à sang, au début, mais j'ai tenu bon. 

Oui, il y a eu cette candidose qui perdurait et perdurait, malgré les différents traitements. Mais, on a continué et elle a disparu, du jour au lendemain, comme elle est venue.

Certes, je me suis remise de nombreuses fois en question. Les nuits chaotiques, les tétées interminables, la fatigue, tant de facteurs qui ont essayé de nous faire flancher mais qui n'ont pas réussi à bousiller notre fusion.

Nous avons également fait face à des critiques, à un manque de respect, issus de personnes proches, moins proches mais totalement ignorantes en matière d'allaitement. 
"Tu es sa vache à lait", "c'est de ta faute si il ne fait pas ses nuits", "arrête de lui donner le sein, il se décollera de toi", "faut lui donner autre chose à manger, maintenant".
Tellement d'insultes, de remarques désobligeantes et culpabilisantes qui me sont passées au-dessus de la tête même si parfois j'aurais aimé du soutien.
À ces personnes qui m'ont sermonnées et/ou tenté de me donner un semblant de leçon d'éducation, il m'est arrivé d'avoir eu envie de leur dire: 
"Regardez vos enfants. Sont-ils mieux que les autres grâce à la façon avec laquelle vous les avez éduqués? C'est un très grand NON".
Cependant, je suis quelqu'un de respectueux et je ne voulais pas me rabaisser à eux, en ripostant. 

Ainsi, tous ces petits maux, ces infimes obstacles ne sont pas venus rompre notre allaitement, éclater notre bulle.

Et puis, aujourd'hui, à presque 23 mois, c'est arrivé.

Ma 1ère grossesse ne m'a posé pratiquement pas de problèmes: aucune nausée, peu de fatigue, absence de vergetures. Seul cette sciatique de pacotille m'a donné du fil à retordre. 

La seconde est totalement différente: quelques nausées, une fatigue incommensurable, les nerfs à fleur de peau, une hypersensibilité aux seins et surtout ce sentiment de rejet violent envers l'allaitement. 

Le moindre contact m'est douloureux tant sur le point physique qu'émotionnel. Je suis, souvent, obligée de couper court aux tétées car je sens une rage, une haine, une lassitude monter petit à petit. Il parait que ça peut arriver. J'ai consulté le site de la LLL et je suis tombée sur ce passage: 

"Certaines mères vivent un certain malaise émotionnel lorsqu'elles allaitent quand elles sont enceintes - une sorte de ressentiment ou d'irritation envers l'enfant plus âgé lorsqu'il tète. Beaucoup parlent d'agacement. Si cela se produit, essayez des techniques qui vont vous distraire en dirigeant vos pensées ailleurs, par exemple chanter, lire, écouter de la musique ou regarder la télévision. Concentrez-vous sur les raisons pour lesquelles vous le faites, cela vous aidera à remettre les choses en place. C'est encore une situation où les techniques respiratoires apprises pendant la préparation à l'accouchement peuvent aider à se décontracter. Il peut être également utile d'allaiter moins longtemps à chaque fois."
Un feuillet consacré à la grossesse et l'allaitement est trouvable ici

Il est aussi indiqué que, lors du 2ème trimestre, le goût du lait change et la quantité va diminuer petit à petit. Et donc, je prends sur moi mais espère tant que Gennaro tète moins pour finalement se sevrer. 


Quelle tristesse, quelle frustration de ressentir ce genre d'émotions alors qu'il y a peu j'envisageais, avec gaieté de coeur, le co-allaitement. Je me faisais une telle joie de donner le sein, en simultané, à mes deux bébés... . A contrario, je prie intérieurement pour qu'un sevrage "naturel" se mette rapidement en place... .


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