lundi 3 novembre 2014

Les temps changent et les fossés se creusent.

Depuis la naissance de Gennaro, je ne suis pour ainsi dire jamais sortie avec des copines. J'emmenais systématiquement mon bébé et/ou mon chéri. Aussi, samedi dernier, j'étais invitée au restaurant en tant que surprise pour le groupe de copines d'école. Je me suis faite une joie d'y aller car les horaires me rassuraient (on mangeait pour 18h et je comptais revenir pour 20h30 afin de mettre mon bébé au lit).

C'est donc de bonne humeur que j'avais démarré la journée de samedi. Passer de chouettes moments avec d'anciennes camarades de classe et voir comment chacune a construit son bout de chemin allaient être mes uniques activités durant deux heures. Un peu de tranquillité, enfin!

Il était ainsi prévu que Papa me dépose au restaurant, ramène ensuite Marianna chez sa maman et s'occupe de Gennaro. Nous démarrons donc et je m'empresse de faire un message pour signaler que je vais arriver sur le parking du restaurant. Il est alors 17h50. Mon ancienne camarade de classe me répond qu'elle ne sait pas quand elle arrivera car ils sont, je cite, à la bourre.
Il faut savoir que je suis une personne très ponctuelle. Je n'aime pas vraiment les retards ni même mon chéri, d'ailleurs.
C'est donc avec une pointe d'agacement que je rappelle qu'elle m'avait donné rdv vers 18h et je redemande vers quelle heure elle compte arriver.
Il est 18h. Elle me répond qu'elle arrive dans une demi-heure. Et là, je sors de mes gonds. J'agence ma journée pour éviter de leur imposer du retard car avec des enfants, ce n'est jamais vraiment simple d'être à l'heure et de leur côté, c'est impossible de le faire. J'attendais une excuse "valable" mais il n'en est rien.
Il est 18h10 quand je renvoie que je vais bientôt démarrer car j'ai deux enfants à l'arrière qui en ont marre de devoir rester attachés dans une voiture. Je reçois en réponse qu'elle va arriver seulement chez une autre copine et qu'elle sera là dans 30 minutes (ce qu'elle m'avait initialement dit, dix minutes plus tôt).

C'est donc avec énervement que nous redémarrons et que j'avertis que je ne serai pas de la partie et fait part de mon mécontentement.
C'est donc avec tristesse que je réalise que lorsque l'on a une vie de famille, les priorités, les valeurs ne sont pas les mêmes, que de mon côté, je ne peux plus me permettre d'arriver quand bon me semble, que l'insouciance et la désinvolture se sont effacées de ma personnalité et que les responsabilités les ont remplacées.

Le lendemain, cette même copine me téléphone plusieurs fois. C'est dimanche, journée familiale et je ne reste pas collée à mon téléphone. J'ai donc manqué ses appels. Je reçois un message me demandant d'expliquer pourquoi je suis partie aussi vite et que le respect c'était de répondre.
Mon sang ne fit qu'un tour et je me suis empressée de lui répondre plus ou moins ce que je lui avais dit la veille, à savoir, que j'ai attendu quand même 20 minutes avec deux enfants à l'arrière. Je ne pouvais pas leur imposer de devoir rester assis, dans une voiture, parce qu'elles ne savent pas se carrer une montre dans le cul. De plus, je n'ai pas installé de scratch me permettant d'avoir le téléphone collé à l'oreille. J'ai d'autres occupations plus importantes.

Encore une fois, je constate que le fossé se creuse quand on a une vie de famille... Et finalement, malgré la déception de ne pas avoir pu décompresser ailleurs que dans mon divan, je m'y suis sentie plus que bien, quand même, dans ce divan.

1 commentaire:

  1. Oh comme je te comprends. Je me rends compte depuis que j'ai Eliza, qu'il est plus facile de nouer ou renouer avec des gens qui ont déjà des enfants (car ils comprennent) qu'avec ceux sans enfant.. Mais ainsi va la vie et c'est comme ça que nous évoluons..

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