samedi 17 octobre 2015

Lettre à mon allaitement


http://www.zoli.fr/actualite/semaine-internationale-allaitement/
























Cette semaine, c'est notre fête. En effet, il s'agit de la "Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel". C'est aussi avec une immense fierté que nous construisons notre petit bonhomme de chemin depuis 28 mois maintenant. Et il n'est pas près de se terminer car Elino va bientôt faire son entrée.

Tu sais, ce n'était pas primordial pour moi que tu fasses partie de ma vie. Je n'en faisais pas une obsession. Je voulais simplement t'essayer. Nos débuts furent douloureux: crevasses à sang mais j'ai tenu le coup et nous ne nous sommes plus quittés.

Je ne pensais pas non plus que ça durerait aussi longtemps, vois-tu. Je ne m'étais pas fixé d'objectif quant à la durée de notre relation. On arrêtera quand ce sera le moment mais ce dernier n'est jamais arrivé. Pas encore, du moins.

Et pourtant, qu'est-ce que je t'ai détesté à certains moments. Des tétées toutes les heures aux remarques désobligeantes des autres, il y en a eu des obstacles. Qu'est-ce que j'ai eu envie de t'abandonner. Il y avait de quoi... Des réveils toutes les deux heures malgré le cododo, pas encore de nuits complètes pour Gennaro, l'isolement quand il avait faim et ce soutien pratiquement inexistant remplacé par les critiques. Et puis, ma nouvelle grossesse et cette impatience et ce dégoût. Je ne supportais plus donner le sein. Quel agacement, quelle angoisse. C'est là que je diminuais ce temps de tétée car je sentais la haine monter. Malgré tout, aujourd'hui, tu es toujours là, beaucoup moins présent mais là quand même. 

Evidemment, nous n'avons pas eu que des mauvais moments. J'avoue que notre parcours a été facile pour certains points: aucune mastite, pas de canaux lactifères bouchés... Juste une candidose qui a duré et duré mais s'est effacée du jour au lendemain. Et puis, ces moments de complicité avec mon bébé, cette facilité à ne pas devoir préparer et chauffer des biberons, ce remède face à tous les bobos physiques et émotionnelles auxquels Gennaro a fait face.

Tellement d'amour, de joie mais aussi de peine, de colère... et surtout de solitude. Je pense que c'est ce qui m'a le plus pesé, d'ailleurs, la solitude. Etre la seule dans mon entourage à allaiter aussi longtemps et à ne pas utiliser de biberons... Demander des conseils aux autres, c'était se retrouver face à des critiques et à un encouragement néant. C'était renoncer à toi, tout simplement. C'est donc virtuellement que j'ai trouvé du réconfort. Ça ne remplacera jamais le soutien que j'aurais aimé avoir réellement mais ça m'a sauvé. Ça nous a sauvé.

Je te remercie vraiment d'avoir fait cette maman que je suis. Loin d'être parfaite, je suis, aujourd'hui, cette mère qui a tenté, tant bien que mal, de donner le meilleur à son enfant. Je te remercie de m'avoir fait découvrir l'amour maternel, sous un autre angle. Je te remercie de m'avoir fait me sentir utile. Mille mercis à toi pour ce que tu fais pour mes enfants et moi.


À présent, nous allons franchir une nouvelle étape dans notre aventure et j'ai hâte qu'elle commence, vraiment.


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